par Richard Jungas

Meilleur ailier-fort de l’histoire avant que Tim Duncan ne vienne le déloger de son piédestal, Karl Malone reste, et sans doute pour un moment encore, comme le symbole de la franchise du Utah Jazz dont il a largement participé, en compagnie de John Stockton, à écrire l’histoire. Retour sur la carrière du « Mailman », un facteur pas comme les autres.

C’est le 24 juillet 1963 à Summerfield, dans la campagne de Louisiane, que naît Karl Malone. Il est le petit dernier d’une fratrie de neuf enfants élevés seul par sa mère Shirley. Son père, lui, est parti fonder une autre famille, avant de se suicider lorsque Karl avait 14 ans. Ce dernier ne l’apprendra que bien plus tard, en 1994. En Louisiane, le futur basketteur vivait dans une ferme avec sa famille, et passait ses journées à couper du bois, chasser et pêcher.
Il commence à tâter la balle orange à ses 11 ans et se distingue rapidement par son physique. Grand et costaud, il domine ses adversaires. Sa domination est telle qu’il emmène son lycée, le Summerfield High School, à trois titres consécutifs Louisiana Class C de 1979 à 1981. Alors que l’université du Arkansas et son équipe de basketball, les Razorbacks, voulaient s’attirer les services de Malone, celui-ci favorisa la Louisiana Tech University car plus proche de chez lui.


Il dû attendre un an avant de pouvoir intégrer l’équipe en raison de résultats scolaires défaillants, et devint donc un Bulldog à partir de 1982. C’est là qu’il gagne son surnom « The Mailman » (« le facteur ») car, à l’image d’un facteur qui délivre lettres et colis jour après jour, Malone délivrait points, rebonds et prestations de haut niveau match après match.
Là encore Karl Malone domine et en 1985, lors de sa dernière année universitaire, il emmène son équipe au sommet de la Southland Conference, tout en lui offrant la première participation de son histoire au tournoi NCAA, atteignant même le « Sweet 16 », l’équivalent des 1/16 de finale. Membre de la All-Southland Selection lors de ses trois saisons avec les Louisiana Bulldogs, il souffre néanmoins du manque de visibilité de son université et n’attire pas l’attention d’une grande majorité des scouts NBA. Alors qu’il était pressenti à Dallas qui avait le pick 8, à tel point que Karl y avait déjà acheté un appartement, il sera finalement sélectionné en 13ème position par le Utah Jazz. La franchise, relativement jeune, puisqu’elle a vu le jour en 1974, et instable (déménagée de Nouvelle-Orléans à l’Utah en 1979), est à la recherche de jeunes stars qui lui permettront d’écrire son histoire et d’enfin atteindre les Playoffs.
Elle ne le sait pas encore, mais en deux ans la direction du Jazz vient de sélectionner les deux plus grands joueurs de son histoire ; le meneur John Stockton en 16ème position de la draft 1984, et donc l’ailier-fort Karl Malone en 1985.



« Stockton to Malone » C’est à partir de la saison 1987-1988 que la franchise donne les clés du camion à son jeune duo. Ce dernier est à la base d’un nouveau projet qui sera dirigé par le nouvel entraîneur Jerry Sloan en remplacement de Frank Layden. A présent titulaire à la mène, Stockton devient le meilleur passeur de la ligue quand son compère obtient sa première sélection au All-Star Game et dans une All-NBA team. Le Jazz parvient même à remporter la première série de Playoffs de son histoire grâce à un Malone impérial face à Portland (31.5 points et 12 rebonds de moyenne sur la série), avant de s’incliner face aux Lakers. Durant l’été, Malone, qui a alors 24 ans signe un contrat de 10 ans avec le Jazz, à hauteur de 18 millions, et s’inscrit dans la durée avec son équipe. Ensembles, Stockton et Malone vont jouer 18 saisons et 1 412 matches de saison régulière sous les couleurs du Jazz en cumulant les records de franchise mais aussi NBA. Comme je l’ai déjà raconté dans la biographie de John Stockton, ces deux se sont rencontrés à la cafétéria aux sélections de l’équipe américaine pour les Jeux Olympiques 1984. Tout les oppose et pourtant ils vont former le duo le plus complémentaire de l’histoire du basketball, écrivant au passage les plus belles pages de l’histoire de leur franchise. Le petit blanc discret et le colosse noir à la grande gueule surent parfaitement jouer de leurs différences pour ne faire qu’un sur le terrain et devenir inarrêtable. Stockton trouvait son compère les yeux fermés et dans toutes les situations, quand ce dernier savait parfaitement comment convertir les passes de son meneur. En contre-attaque, Stockton usait de son intelligence de jeu pour délivrer des offrandes à un Malone à la vitesse impressionnante pour son gabarit. Lorsque cette montagne bodybuildée de 2.06 m et 115 kg arrivait lancée, il valait mieux ne pas aller à son encontre. Sur jeu placé ils étaient encore plus inarrêtables, faisant du « pick and roll », leur spécialité, un véritable ballet. Une fois l’écran posé par l’ailier-fort, le meneur avait le choix entre l’envoyer au panier, où sa puissance ferait la différence, ou alors lui passer la balle dans le périmètre, où son tir à mi-distance ferait mouche. Saison après saison ils perfectionnent leur entente sur le terrain et parviennent à qualifier leur équipe pour les Playoffs sans interruption depuis 1986. Si les progrès du duo sont indéniables, leurs progrès individuels le sont tout autant. Lors de ses 5 premières saisons en NBA, Malone affiche une progression constante en attaque. Il est devenu l’une des plus grosses machines à scorer de la ligue, corrigeant ses défauts saison après saison, comme son pourcentage aux lancers-francs (passé de moins de 50% à l’arrivée du « Mailman » à plus de 75% 4 ans plus tard). Trop rapide pour les autres ailiers-forts de la ligue, il peut également dominer de par son physique, ce à quoi il faut ajouter un shoot à mi-distance plus que respectable et qui est devenu une véritable arme létale au fil des saisons. De près, à mi-distance, en contre-attaque ou sur la ligne des lancers-francs, Malone savait user de tous les moyens pour scorer avec une régularité folle. En défense, le grand Karl Malone n’est pas un protecteur de cercle de premier ordre (seulement 0.8 contres par matches en carrière) mais son physique en fait un défenseur difficile à bouger et son intelligence de jeu lui permet de lire les lignes de passes adverses comme peu d’intérieurs en sont capables (1.4 interceptions par matches en carrière). Une nouvelle fois Malone se perfectionne dans ce domaine pour devenir un défenseur plus que sérieux, récompensé par une sélection dans une All-NBA Defensive Team à 3 reprises à la fin des années 1990.



A 26 ans, un an après avoir été désigné MVP du All-Star Game 1989 avec 28 points, 9 rebonds et 3 passes, l’ailier-fort réalise sa meilleure saison sur le plan purement statistique. Il début en effet la saison 1989-1990 sur les chapeaux de roue avec un premier match à 40 points, 16 rebonds et 5 passes. Le gamin de Summerfield est au sommet sur le plan physique et aucun intérieur ne parvient à l’arrêter comme dans cette victoire contre les Bucks en janvier 1990 où il plante 61 points (son record en carrière), plus 18 rebonds, en 33 minutes (21 sur 26 au shoot et 19 sur 23 aux lancers), en réponse à sa non-sélection dans le cinq de départ de la Conférence Ouest pour le All-Star Game. All-Star Game qu’il boycottera d’ailleurs en prétextant une blessure, avant de finir la saison deuxième au scoring, avec 31.0 points de moyenne, derrière Michael Jordan. Eh oui, il ne faut pas le chercher le bonhomme ! Fort caractère et grande gueule, la star du Utah Jazz était en plus caractérisée par son jeu musclé. A ceux qui se plaignaient de ce dernier, il leur répond : « J’aime à penser qu’il y a de la finesse dans mon jeu mais dans la raquette, c’est là que se font les hommes. Si vous ne pouvez pas jouer dans la peinture, c’est que vous devriez être à la maison avec votre maman. ». Voilà qui est dit ! Le « Mailman » savait laisser trainer ses coudes dans la raquette, dont une fois restée célèbre sur Isiah Thomas, meneur des « Bad Boys » de Detroit lui-même. Ente la fin des années 1980 et le début des années 1990, les Pistons s’étaient démarqués par leur jeu physique, pour ne pas dire violent, auquel Malone n’avait parfois rien à envier. Sur une pénétration de Thomas, l’ailier-fort vient à son encontre le coude en avant et percute violemment le visage du meneur. Dans la NBA actuelle, un tel geste vaudrait une lourde sanction, mais dans la NBA du début des nineties il n’occasionna qu’un seul petit match de suspension, mais 47 points de sutures ! Un « country boy » en NBA Karl Malone, en plus d’être un monstre physique, est ce que l’on pourrait qualifier d’Américain pur et dur, un campagnard, hérité de son enfance dans une ferme, un « country boy » comme on dit là-bas. Ce que Rémi Reverchon nous décrit parfaitement dans son livre Road trip NBA : « Malone est un campagnard version ricaine. Il conduit des pick-up, écoute de la musique country. Il possède une maison en Alaska, où il va pêcher et chasser les étés. Il a soutenu financièrement la campagne de George W. Bush en 2004, et a été au comité directeur de la NRA, la fameuse entité toute-puissante pro-armes à feu. Désormais reconverti businessman, il possède des concessions Toyota et plusieurs Burger King dans l’Utah et en Louisiane. ». Fan de motos, de grosses voitures, de western (il joua le rôle d’Elijah Abel dans le western Rockwell sorti au cinéma en 1994), de catch et de musculation, Malone était un personnage à part dans l’univers NBA. Quand les autres stars profitaient de leurs vacances pour les passer sur les plages de Los Angeles ou de Miami, Karl préférait lui se rendre en Alaska pour pêcher le saumon. De ce côté campagnard, traditionnel, le gamin de Louisiane en a hérité sa robustesse, mais aussi certaines prises de position plus que douteuses comme lorsqu’il déclara ne pas vouloir se retrouver sur un terrain avec Magic Johnson après que ce dernier eut annoncé sa séropositivité en 1991, par peur qu’il ne lui transmette le SIDA. Cette maladie était encore très mal connue, comme le prouve cet épisode, le joueur du Jazz n’était de loin pas le seul basketteur NBA à redouter cela, mais sa grande gueule et sa célébrité ne jouèrent pas en sa faveur. Karl Malone fut également impliqué dans des accusations de pédophilie quand des histoires d’enfants illégitimes firent leur apparition dans les années 1990. Si Bonita Ford avait 17 ans tout comme lui quand elle donna naissance à des jumeaux, Daryl et Cheryl Ford (ancienne joueuse et triple championne WNBA), Gloria Bell avait 13 ans et lui 20 quand elle accoucha de Demetress Bell (ancien joueur de football américain). Un « personnage à part » qu’on vous disait.




La régularité et la longévité du « Mailman » Sur les parquets NBA, Karl Malone était irréprochable, du moins si vous étiez son coéquipier. Véritable « Ironman », il ne manque que 9 matches en 18 saisons passées à Utah, soit sur un total de 1 434 rencontres. Et encore, parmi les matches ratés, plusieurs le sont en raison de suspensions. A l’image de son compère John Stockton, la régularité et la longévité de Karl Malone marquèrent les esprits. Véritable machine à scorer, il parvint à maintenir une régularité folle dans ce domaine. Ainsi, il a réalisé 17 saisons d’affilées à plus de 20 points de moyenne, dont 11 consécutives à plus de 25 points et une pointe à 31 en 1989-1990. Il fut également, à 34 ans, le plus vieux joueur à inscrire plus de 55 points dans une rencontre (56 points à 18/26 au shoot face aux Warriors le 7 avril 1998, sa deuxième meilleure marque au scoring en carrière), avant d’être dépassé par Kobe et LeBron. En 1999-2000, à 36 ans il réalise encore une saison exceptionnelle avec des moyennes de 25.5 points, 9.5 rebonds, 3.7 passes en 36 minutes par matchs et 82 matches joués, avant d’entamer un léger déclin. Rien de honteux à un âge où la plupart des joueurs NBA n’arpente plus les parquets. Lors de sa dernière saison aux Lakers, il devient à 40 ans le plus vieux joueur à réaliser un triple-double en NBA. Ce sont cette régularité et cette longévité au haut niveau qui le firent progressivement inscrire son nom dans les classements all-time de la grande ligue. Les chiffres sont impressionnants : 3ème plus grand nombre de points inscrits, 7ème plus grand nombre de rebonds, 12ème plus grand nombre d’interceptions réalisées, 3ème plus grand nombre de tirs réussis, plus grand nombre de lancers-francs tentés et réussis, 6ème plus grand nombre de matches joués, plus grand nombre de titularisations, 2èmeplus grand nombre de minutes jouées, 7ème plus grand nombre de minutes jouées en Playoffs. Cette longévité rare ne le fait pas que figurer dans des classements avantageux puisqu’il possède également le 2ème plus grand nombre de balles perdues et le 2èmeplus grand nombre de fautes provoquées. Son principal fait d’armes est d’avoir inscrit non pas moins de 36 928 points en carrière, devancé seulement par LeBron James et Kareem Abdul-Jabbar. S’il ne fut jamais meilleur scoreur de la NBA sur une saison, il finit néanmoins à 8 reprises sur le podium. Il faut également mentionner le fait que seul LeBron (encore lui) ne compte davantage de sélections dans la All-NBA first team. De 1989 à 1999, Karl Malone enchaîna en effet 11 sélections dans le meilleur cinq de la NBA. Si son nom revient souvent dans l’histoire de la grande ligue, il revient encore plus souvent dans l’histoire du Utah Jazz où il détient de nombreux records. Il est ainsi le recordman de la franchise au nombre de points, de rebonds, de tirs, de lancers-francs et de minutes jouées. Un titre qui lui fait défaut En dépit de ces chiffres impressionnants et qu’il ne faut pas sous-estimer, l’ailier-fort ne parvint jamais à remporter le tant convoité titre NBA. Alors qu’il enchaîne les saisons à au moins 25 moins et 10 rebonds, il bute constamment en Playoffs sur les Portland Trail Blazers, les Houston Rockets, les Phoenix Suns ou encore les Seattle Supersonics. Au fil des années, on a le sentiment que le duo Stockton et Malone est en train de laisser passer sa chance, notamment en 1994 lorsqu’ils s’inclinent en finales de conférence face à des Houston Rockets pourtant auteurs d’une saison régulière de moins bonne facture que les Jazzmen. Malgré cela, l’équipe continue de progresser collectivement avec les arrivées de l’arrière Jeff Hornacek et l’ailier Bryon Russell, franchissant la barre des 60 victoires pour la première fois de l’histoire de la franchise en 1994-1995 (60 victoires pour 22 défaites), mais là encore c’est la désillusion en Playoffs avec une élimination dès le premier tour face aux Rockets. La saison suivante ce sont les Supersonics qui éliminent le Jazz en finales de conférence alors que le retour de Michael Jordan après 2 ans et demi de retraite refait des Chicago Bulls une équipe quasiment invincible. Leur occasion semble derrière eux et pourtant l’on se trompe. La saison 1996-1997 est tout simplement la meilleure saison de l’histoire de la franchise de l’Utah (64-18) qui termine avec le meilleur bilan de l’Ouest grâce à un Karl Malone MVP de la saison régulière (27.4 points à 55% au tir, 9.9. rebonds et 4.5 passes décisives). En Playoffs, Malone et compagnie parviennent enfin à briser leur plafond de verre en venant à bout des Houston Rockets d’Olajuwon, Barkley et Drexler en finales de conférence grâce à un tir au buzzer de son meneur star. Pour la première fois en finale, le Jazz se confronte à l’ogre Jordan. Malgré une belle résistance, les Bulls l’emportent 4-2, suite notamment à un lancer-franc décisif raté par Karl Malone, et glanent un second titre d’affilé. Le Jazz revient le couteau entre les dents la saison suivante et réalise le meilleur bilan de la ligue (62-20).



En Playoffs, l’équipe dirigée par Jerry Sloan ne laisse ni les Rockets (3-2), ni les Spurs (4-1), ni les Lakers des jeunes Shaq et Kobe (4-0), se dresser sur leur route pour retrouver les Bulls en finale. Là encore ils se confrontent à un Jordan trop fort et trop déterminé à écrire sa légende en réalisant un second three-peat. Karl Malone peut se mordre les doigts, lui qui a perdu une balle décisive dans le Game 6, avant que « MJ » ne plante le tir de la victoire. Une nouvelle fois MVP la saison suivante, Malone ne parviendra plus à porter le Jazz à de tels sommets en post-season. Les 4 dernières saisons de l’ailier-fort montrent son lent déclin, ainsi que celui de son équipe. Un dernier baroud d’honneur aux Lakers Après 18 saisons au Jazz, Malone profite de son statut d’agent-libre à l’été 2003 pour quitter sa franchise de toujours, qui vient de perdre Stockton (retraite), pour rejoindre les Lakers pour une dernière saison, une dernière occasion de glaner le titre NBA avec une équipe triple championne entre 2000 et 2002. Aux Lakers, malgré les tensions de plus en plus palpables entre Shaquille O’Neal et Kobe Bryant, le début de saison est réussi puisqu’ils alignent un bilan de 18 victoires pour 3 défaites à l’approche de Noël, avec des apports sérieux des vieux Payton et Malone. C’est alors que le vent va tourner. Malone se blesse au genou, avant que Shaq ne le rejoigne à l’infirmerie. Les tensions en interne, entre Kobe et Shaq mais également entre l’arrière et son entraîneur Phil Jackson, pourrissent la saison des Lakers qui oscillent entre victoires autoritaires et défaites alarmantes. A la mi-mars, Malone retrouve les parquets au terme d’une absence de 39 rencontres, sa plus longue absence depuis ses débuts en NBA, apportant avec lui un second souffle à une équipe enfin au complet.



Malheureusement, une altercation entre Kobe (encore lui !) et Karl Malone vient faire rejaillir une fois de plus les fissures dans le vestiaire étoilé des Angelinos. Arrivée en Playoffs, la franchise de Los Angeles franchit aisément le premier tour (4-1 face aux Rockets), avant de se révéler dans l’adversité face au champion en titre, les Spurs (4-2). En finale de conférence, les Lakers prennent l’ascendant sur les Timberwolves de Kevin Garnett (4-2), mais la blessure au genou de Malone refait surface. Son remplaçant, Horace Grant, blessé lui aussi, n’est pas en mesure de le suppléer et la capacité de l’ailier fort de 40 ans à tenir son rang en finale interroge. A raison puisque l’ancienne star du Jazz ne finira pas la finale et ne pourra rien faire face à la démonstration collective de Detroit qui remporte le titre (4-1). A 40 ans et alors que son corps le lâche, le « Mailman » vient de voir sa dernière chance de remporter le titre NBA s’envoler. Il est à nouveau agent-libre à la fin de cette saison et des rumeurs l’envoyant aux Knicks et aux Spurs font croire à un retour de l’ailier fort. Toutefois, ce dernier annonce officiellement sa retraite le 13 février 2005. Malone finit donc sa carrière sans avoir remporté de bague. Son Jazz, comme beaucoup dans les années 1990, a eu la malchance de tomber sur les Chicago Bulls de Michael Jordan, mais ils peuvent néanmoins avoir la fierté d’avoir été l’adversaire le plus coriace sur le chemin des 6 titres des Bulls. Si ni les finales 1997 ni les finales 1998 ne virent de match 7, elles n’en restent pas moins parmi les plus disputées de l’histoire de la NBA, 9 matches sur 12 se clôturant par un écart inférieur ou égal à 5 points. Malone peut se targuer de posséder deux médailles d’or autour du cou, dont celle de 1992 avec la « Dream Team ». Il figure sans conteste parmi les meilleurs ailiers-forts de tous les temps, et pour beaucoup détient le titre officieux de plus grand joueur à n’avoir jamais été champion NBA. Récompense suprême, il est introduit au Hall of Fame en 2010, à la fois pour sa carrière mais également en tant que membre de la Dream Team 1992. Pris par l’émotion, il laisse tomber le masque de gros dur qu’il avait porté pendant presque 20 ans sur les parquets NBA pour remercier, dans un discours empreint d’humilité, la franchise du Utah Jazz, l’ancien propriétaire Larry Miller, décédé un an auparavant, et sa mère, Shirley, décédée sept ans jour pour jour avant la cérémonie. Aujourd’hui, Malone reste comme l’une des légendes de la NBA et le plus grand joueur de l’histoire du Jazz aux côtés de John Stockton, son compère de (presque) toujours. Côte à côte dans la victoire comme dans la défaite, John et Karl le sont également devant la salle du Utah Jazz où trônent leurs statues.

Palmarès :

  • 2 fois médaille d’or aux Jeux Olympiques avec les Etats-Unis : 1992 et 1996
  • 3 fois en Finales NBA : 1997, 1998 et 2004
  • 2 fois MVP de la saison régulière : 1997 et 1999
  • 2 fois MVP du All-Star Game : 1989 et 1993 (avec John Stockton)
  • 14 fois All-Star : 1988, 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 2000, 2001 et 2002
  • 11 fois All-NBA first team : 1989, 1990, 1991, 1992, 1993, 1994, 1995, 1996, 1997, 1998 et 1999
  • 2 fois All-NBA second team : 1988 et 2000
  • 1 fois All-NBA third team : 2001
  • 3 fois All-Defensive first team : 1997, 1998 et 1999
  • 1 fois All-Defensive second team : 1988
  • 1 fois All-Rookie first team : 1986
  • 3ème meilleur scoreur de l’histoire de la NBA : 36 928 points
  • Maillot retiré par le Utah Jazz (n° 32)
  • Sélectionné parmi les 50 meilleurs joueurs de l’histoire à l’occasion du cinquantenaire de la NBA en 1996
  • Sélectionné parmi les 75 meilleurs joueurs de l’histoire à l’occasion des 75 ans de la NBA en 2022
  • Introduit au Naismith Memorial Hall of Fame en 2010, en tant que membre de la « Dream Team 1992 » et à titre individuel

Statistiques en carrière en NBA : 1 476 matches joués, 25.0 points (à 51.6 % au shoot et 74.2 % aux lancers-francs), 10.1 rebonds, 3.6 passes décisives, 1.4 interceptions et 0.8 contres en 37.2 minutes par matches.

Voir le maillot de Karl Malone.